L’évolution alopécique la plus courante chez les femmes se traduit par un amincissement progressif et non cicatriciel des cheveux.

Il se produit une miniaturisation folliculaire entrainant un affinement des cheveux allant dans certains cas jusqu’au duvet.

 

Classification de Ludwig chez les femmes. Échelle à trois niveaux.

 

On observe alors une alopécie androgénétique féminine.

Les premiers signes peuvent se développer dès l’adolescence et s'accentuer avec l’âge.

Le terme Alopécie AndroGénétique (AAG) a été utilisé pour décrire ce type d’alopécie chez les hommes comme chez les femmes.

Le terme « andro » du grec ancien se réfère à des sujets de sexe masculin et « génétique » se réfère à la contribution de l’hérédité. L’hérédité familiale est le plus souvent positive, mais des antécédents familiaux négatifs n'excluent pas le diagnostic d’AAGF.

Les dernières études réalisées sur les AAGF montrent l’absence de contribution hormonale dans de nombreux cas. Certains spécialistes parlent de « chute androgène-dépendante » et de « chute androgène-non dépendante » afin de distinguer les femmes avec un taux d’androgène normal de celles qui présentent un excès d’androgène.

L’AAG (alopécie androgénétique) est décrite comme une conséquence des effets directs de la dihydrotestostérone (DHT) sur la papille dermique des follicules pileux sensibles.

La DHT est un androgène plus puissant, venant du métabolisme de la testostérone par l'action de la 5α -réductase. La DHT se lie aux récepteurs d'androgènes dans les follicules pileux, et plus fortement encore que la testostérone, ce qui entraîne une hausse de la réponse génétique responsable de la miniaturisation des follicules pileux. Certains auteurs ont émis l'hypothèse qu'un processus similaire contribue au développement d’AAGF, un concept soutenu par l'observation que les femmes ayant une hyperandrogénie peuvent développer l’apparition précoce d’AAGF. Cependant, la plupart des femmes présentant une AAGF n'ont pas d'autres signes ou symptômes d'hyperandrogénie et disposent de niveaux d'androgènes normaux.

La compréhension de l’AAGF reste encore incomplète. L'augmentation liée à l'âge et à la ménopause des AAGF peut suggérer un rôle protecteur des œstrogènes. Un autre aspect des AAG réside dans le raccourcissement progressif de la phase folliculaire de croissance. Au cours des cycles successifs des cheveux, la durée de la phase anagène (phase de croissance) raccourcit d'une durée normale de quelques années à quelques mois ou quelques semaines. Les femmes touchées par cette alopécie souffrent énormément.

Leur qualité de vie est affectée, elles sont bouleversées et ont une image négative d’elles même, une mauvaise estime de soi et la sensation de perdre leur féminité. Des liens entre AAG précoce et résistance à l'insuline, hypertension et augmentation du risque cardiovasculaire ont été décrits. Ces facteurs semblent être dus à des taux plus élevés d'aldostérone, de protéine C, de D-dimères et d'insuline chez des femmes souffrant d’AAG. Certains  recommandent même le dépistage du syndrome métabolique et l'échographie des carotides pour détecter le risque de développer une maladie cardiovasculaire chez les femmes ayant une apparition précoce d’AAG.

Conclusion : Une prise en charge spécialisée est indispensable dès l’apparition des premiers symptômes.

The Female Pattern Hair Loss: Review of Etiopathogenesis and Diagnosis.
Vujovic A, Del Marmol V.
Biomed Res Int. 2014;2014:767628. Epub 2014 Apr 9. Review.