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Eric Lapenne - Capidermologue - Institut SalvadorAujourd’hui, nous rencontrons Eric LAPENNE, capidermologue, spécialiste à l’Institut Salvador à Montpellier, que nous interrogeons sur la greffe de cheveux.

Bonjour, Monsieur LAPENNE, pouvez-vous nous préciser en quoi consiste le métier de capidermologue ?

Bonjour. Exercer la capidermologie constitue pour moi une véritable passion. Il s’agit d’un métier extrêmement varié qui allie connaissances scientifiques et maîtrise technique. Être capidermologue c’est également être à l’écoute pour délivrer la solution adaptée, c’est être observateur et précis, mais c’est aussi un métier didactique dans lequel la transmission du savoir est indispensable. Notre spécialité, qui dispose d’une formation spécifique, consiste en la connaissance de toutes les solutions permettant de pallier aux différentes formes d’alopécies et de calvities : prothèses capillaires, volumateurs, perruques, techniques de transplantation capillaire, soins du cuir chevelu (cosmétologie, nutrition) dermopigmentation du cuir chevelu…

Vous évoquez la transplantation capillaire. Est-ce la même chose que la greffe capillaire ?

Effectivement, nous parlons de la même chose. Transplantations et greffes capillaires sont synonymes. Il s’agit d’une pratique chirurgicale, qui ne peut être exécutée que par un médecin spécialisé, et qui consiste en une redistribution du capital cheveux d’un individu. Les cheveux prélevés sur une zone (en général, zone hippocratique) vont être réimplantés sur une zone à faible densité pour la combler.   

Dans quel cas faut-il pratiquer la greffe de cheveux ?

La technique de la greffe de cheveux s’adresse aux hommes et aux femmes présentant des zones dégarnies suite à une alopécie. L’alopécie est le terme médical qui désigne l’accélération de la chute des cheveux ou des poils, de manière localisée ou diffuse, permanente ou temporaire. La calvitie constitue le stade ultime de l’alopécie.
Chez l’Homme, l’alopécie la plus fréquente est l’alopécie androgénétique alors que chez la femme l’origine alopécique est plus variée : anémie, dysfonctionnement thyroïdien, grossesse, ménopause, choc traumatique, dérèglement hormonal, etc. Dans tous les cas, un programme de soins adapté afin de limiter l’évolution de la chute est primordial avant de penser à pratiquer une greffe de cheveux.  

Quelles sont les conditions pour pratiquer une greffe de cheveux ?

Pour qu’une greffe capillaire soit pleinement efficace, il faut bien connaître et comprendre le résultat que l’on peut obtenir par cette technique. Ce résultat diffère selon les patients parce qu’il dépend de plusieurs paramètres :  

  • la qualité du cheveu, fin, épais, bouclé, raide ou frisé. Un cheveu fin et raide bénéficie d’un pouvoir de couvrance moins important qu’un cheveu frisé et épais.
  • la qualité de la zone donneuse (hauteur et densité de la couronne hippocratique). La densité de la zone de prélèvement conditionne le résultat final et le nombre de séances envisageables dans la vie du patient.
  • la surface à couvrir. La densité sera différente selon que la surface à couvrir est plus ou moins large. Il faut agir avec une véritable stratégie dans la répartition des greffes. En effet, la quantité de cheveux transplantée permet de couvrir une petite surface avec une forte densité ou une grande surface avec une faible densité. Dans tous les cas, vous avez besoin de conseils personnalisés.
  • l’évolution. Envisager la solution de la greffe est différente entre un homme de 25 ans et un de 50 ans. Pour chacun, l’évolution est très souvent fonction de l’âge. Qui peut envisager qu’un homme de 25 ans ne perdra plus ses cheveux ? Dès lors, entreprendre une transplantation, c’est garder à l’esprit la possible évolution du capital cheveu d’où la nécessité d’agir stratégiquement.

Un bon diagnostic dépend de tous ces paramètres.

Les zones à couvrir chez la femme sont souvent différentes que chez l’homme. Souvent, l’alopécie féminine est marquée par un affinement conséquent de la structure du cheveu, et le manque de densité s’avère plus diffus que chez l’homme. Dès lors, même si la technique est adaptée aux deux sexes, il est important de consulter un spécialiste pour déterminer l’opportunité d’une telle intervention.

Quelles sont les différentes méthodes de greffe ?

Aujourd’hui, il existe deux méthodes de greffes. La méthode FUT (Follicular Unit Transplantation) et la méthode FUE (Follicular Unit Extraction). Ces deux techniques, pratiquées sous anesthésie locale, se différencient par la façon d’effectuer le prélèvement de cheveux dans la zone donneuse.

Dans le cas de la méthode FUT, on prélève une bandelette horizontale, généralement à l’arrière de la tête dans la région occipitale, qui est suturée par la technique trichophytique, permettant d’obtenir une cicatrisation très rapide et une cicatrice extrêmement fine autorisant le port de cheveux très courts. La zone de prélèvement sera cachée par les cheveux environnants à la fin de la séance.

Puis vient la phase de préparation des implants effectuée sous microscope permettant au praticien une individualisation parfaite des puits folliculaires, exempte de transsection (altération du puits folliculaire).

Lors de la réimplantation, toujours sous anesthésie locale, des micro-incisions sont pratiquées, avec une aiguille sur la zone à implanter. Bien sûr sans traumatiser les cheveux existants. Ensuite, les implants sont introduits avec de petites pinces dans les sites receveurs.  

Au final, le patient repart sans bandage avec une zone de prélèvement invisible cachée par les cheveux.

La greffe de cheveux méthode FUT présente l’avantage d’une implantation plus importante du nombre de greffons en une seule séance. La zone de prélèvement à l’arrière de la tête est totalement invisible, les cheveux ne sont pas rasés.

La greffe capillaire méthode FUE consiste à prélever avec un punch (foret de 1 mm environ) les unités folliculaires dans la zone donneuse. La méthode de réimplantation reste, en général, la même que pour la FUT.

L’avantage majeur réside en l’absence de cicatrices en longueur, néanmoins de minuscules cicatrices ou points blancs peuvent être visibles, mais permettent de porter une coupe rasée ultérieurement.

Les inconvénients sont le fait que le prélèvement des puits folliculaires s’effectue à l’aveugle avec le risque de transsection d’un nombre, plus ou moins important de follicules. De plus, la durée de l’intervention est plus longue et le prix est souvent supérieur à la méthode FUT.

Enfin, cette méthode nécessite de raser une zone plus ou moins importante à l’arrière de la tête pour prélever les greffons. Cette zone demeure visible une dizaine de jours après l’intervention.

En conclusion, cette méthode, même si elle paraît moins « brutale » présente des désavantages, mais constitue encore la seule méthode susceptible de convenir aux personnes refusant l’idée de cicatrice.

Combien de cheveux peut-on implanter en une séance ?

La quantité de cheveux implantée par séance est variable en fonction du patient. Cependant, pour une séance normale, il faut compter environ 3000 cheveux. Mais il est possible d’aller au-delà, plus de 6000 cheveux, si la souplesse du cuir chevelu le permet. Il faut différencier le nombre de cheveux et le nombre d’implants, par exemple :

3000 cheveux donneront 1000 implants folliculaires avec 3 cheveux ou 1500 implants folliculaires avec 2 cheveux ou 3000 implants folliculaires avec 1 cheveu. L’important reste le nombre de cheveux réimplantés par séance.

Une séance suffit-elle pour avoir toute la densité voulue ?

Tout dépend de la surface à recouvrir et de la densité que l’on souhaite. Si la calvitie est large, sur l’ensemble du cuir chevelu allant du front au vertex, il est souvent indispensable de pratiquer deux ou trois greffes de 2500 à 3000 cheveux chacune, si la zone donneuse le permet. Si la surface est plus petite, une seule séance peut suffire.

Est-ce que l’intervention est douloureuse ?

Non. Rares sont les patients qui rapportent cette impression. L’intervention se pratique sous anesthésie locale et permet de ne ressentir quasiment aucune douleur pendant toute la durée de l’intervention.

Les seules douleurs peuvent être dues au procédé anesthésique, qui dépend lui aussi de la technique et la qualité du praticien.

Du point de vue postopératoire, il peut y avoir quelques tiraillements au niveau de la zone prélevée la première nuit, un simple antalgique permet d’éviter ce désagrément. 

Quels sont les effets secondaires ou indésirables après l’intervention ?  

Comme après chaque intervention chirurgicale, une greffe de cheveux peut avoir des effets secondaires, bien qu’ils soient mineurs.

Une insensibilité au niveau de la cicatrice qui peut aller jusqu’à quelques mois, un gonflement du front et autour de l’œil, surtout dans le cas d’une greffe frontale, qui peut durer de 2 à 5 jours, des démangeaisons notamment lors de l’apparition des croûtes. Dans de rares cas, il peut y avoir des saignements, une infection, ou des kystes dans le cuir chevelu. Bien que ces effets secondaires soient très rares, ils peuvent s’avérer sérieux et l’aide médicale doit être sollicitée dans les plus brefs délais.

La micro greffe est une réponse esthétique aboutie à l’alopécie voire la calvitie. Mais il y a, malgré tout, des paramètres à prendre en compte et des règles à suivre pour ne pas être déçu par les résultats.  

C’est pour cela qu’il est important d’établir un premier diagnostic. En cas de chute, d’évolution alopécique rapide, il faut opter au préalable et même concomitamment pour programme de soins permettant la stabilisation du capital cheveu.

Merci, monsieur Eric LAPENNE, capidermologue à l’Institut Salvador à MONTPELLIER.

Vous pouvez consulter toutes les informations sur les greffes qui sont proposées par l'Institut Salvador sur les pages greffes de cheveux pour les  hommes et greffes de cheveux pour les femmes.